Une
étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et
des statistiques (Dress) publiée ce vendredi indique que 26 % des jeunes
de 18-24 ans vivent sous le seuil de pauvreté. En mobilisant plusieurs
outils de mesure, l’organisme démontre que le taux de pauvreté
monétaire grimpe à 40 % pour ceux qui sont étudiants et habitent
seuls. Un phénomène jugé « très largement structurel ».
26 % des 18-24 ans vivent sous le seuil de pauvreté. « Et il est probable que ce résultat soit très largement structurel »,
considère l’organisme statistique du ministère de l’économie, la
Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des
statistiques (Dress) qui publie ce vendredi une enquête consacrée à la pauvreté des jeunes.
Intitulée «Mesurer
le niveau de vie et la pauvreté des jeunes adultes de 18 à 24 ans – Une
population particulièrement confrontée à la vulnérabilité économique », cette étude tombe à pic, surtout lorsque des député·es débattent,
avec une pertinence variable, de la précarité des étudiant·es comme ils
l’ont fait lors de la proposition de loi des député·es socialistes
(rejetée) proposant l’accès à des repas à 1 euro pour tous les
étudiants, peu importe leur statut.
Dans cette enquête, on apprend par exemple que ceux qui disposent
d’un logement autonome (43 %) sont plus fragiles économiquement et,
parmi eux, les sans-emploi sont les plus vulnérables, encore plus s’ils
sont étudiants, « du fait de la faiblesse de leurs ressources propres
et de leur dépendance aux aides familiales, s’ils n’ont pas d’emploi
(au moment de l’enquête), compte tenu d’un faible accès aux aides
sociales et à des revenus d’activité inconstants durant l’année ».
Calculer
la précarité des jeunes reste un défi, indique la Drees qui a voulu
produire une radiographie, plus fine et plus sensible. Pour ce faire,
elle a compilé et interprété les données issues de l’« enquête nationale
sur les ressources des jeunes » (ENRJ) réalisée en 2014.
Si les
chiffres sont anciens, la Drees propose une nouvelle mesure du niveau de
pauvreté des jeunes adultes en embrassant trois dimensions : monétaire,
en conditions de vie et subjective. Cela permet de ne pas sous-estimer
le nombre de jeunes adultes pauvres et de prendre en compte « l’hétérogénéité » de leurs ressources.
Cette
enquête interroge des jeunes de 18 à 24 ans qui vivent en logement
ordinaire et en logement collectif, en France métropolitaine et dans les
départements et régions d’outre-mer (DROM), afin de décrire le plus
finement possible la diversité des ressources financières et matérielles
dont ils disposent.
Dans le détail, on apprend encore que les
étudiants « décohabitants », c’est-à-dire qui ne vivent plus chez leurs
parents et ne peuvent plus à ce titre bénéficier de la mutualisation des
dépenses, sont davantage exposés à la pauvreté monétaire.
Par
exemple, le taux de pauvreté monétaire grimpe à 40 % pour ceux qui
sont étudiants et à 55 % pour ceux qui sont sortis d’études et sans
emploi au moment de l’enquête. « Les risques d’exposition à la
pauvreté monétaire des décohabitants s’amplifient pour les jeunes qui
ne vivent pas en couple ou qui sont issus d’un milieu social modeste »,écrit encore la Drees. En effet, vivre en couple permet de partager certaines dépenses et d’en alléger le poids dans le budget.
Parmi
les jeunes résidant toute l’année chez leurs parents (souvent faute
de pouvoir assumer un loyer), ceux sans emploi et sortis d’études ont
des taux de pauvreté bien plus élevés que les autres, d’environ 31 %.
Ils sont davantage fragiles lorsqu’ils sont issus d’une famille de
milieu modeste, nombreuse ou monoparentale.
Certains jeunes adultes sont peu visibles dans les enquêtes habituelles, précise la Drees dans son étude.
« Ainsi, le taux de pauvreté monétaire des jeunes (étudiants ou non)
en logement collectif est de 56 %, tandis que le taux de pauvreté
monétaire des jeunes en ménage ordinaire est d’environ 23 % en France
métropolitaine. »
Par ailleurs, quatre jeunes sur dix se
trouvent dans au moins une situation de pauvreté monétaire et/ou de
pauvreté en conditions de vie. Un jeune sur dix cumule les deux formes
de pauvreté. Alors que les étudiants sont nettement plus souvent en
situation de pauvreté monétaire que les jeunes en emploi, ils sont
quasiment autant confrontés à des privations matérielles ou
sociales : 24 % des étudiants sont pauvres en conditions de vie contre
21 % des jeunes en emploi.
Le milieu social est déterminant mais pas le genre
La Drees souligne également que croiser les trois dimensions de la pauvreté permet de mettre en lumière « les vulnérabilités particulièrement importantes des jeunes sortis d’études et sans emploi »,surtout chez les décohabitants.
Pour
eux, les données en pauvreté monétaire et en conditions de vie se
rejoignent, là où leur perception subjective se révèle plus positive,
sans doute parce qu’ils considèrent leur sort comme transitoire. « Ce
qui n’empêche que ces situations puissent être à risque : certains
imprévus, notamment familiaux, peuvent occasionner des tournants
biographiques dans la trajectoire de ces jeunes », avertit la Drees.
L’autre
enseignement intéressant de cette étude concerne la dimension genrée de
la pauvreté. Être une femme, pour les jeunes de 18 à 24 ans,
n’entraîne pas de risques supérieurs d’être sous le seuil de pauvreté
que les hommes du même âge. « L’entrée dans la vie adulte
constitue une période d’instabilité économique qui touche les femmes
comme les hommes : les écarts de niveau de vie selon le sexe sont
encore faibles, une fois contrôlées les trajectoires éducatives, les situations professionnelle et résidentielle. »
En
revanche, à situation professionnelle et autres caractéristiques
données, le milieu social d’origine des jeunes joue également un rôle
déterminant. Les enfants de père cadre bénéficient du niveau de vie de
leurs parents et l’aide afférente. Les jeunes dont le père est ouvrier
ou employé, ou les jeunes qui n’ont pas connu leur père (ou si
celui-ci n’a jamais travaillé) risquent davantage de se situer sous le
seuil de pauvreté. Idem pour le lieu de naissance.
Les
jeunes qui ne sont pas nés en France (7 % sont dans ce cas) se
retrouvent confrontés à des difficultés financières plus importantes
que les natifs de France, notamment car ils sont moins éligibles aux
aides sociales.
Autre originalité, l’étude s’attache à repérer
les privations matérielles ou sociales des individus comme
l’impossibilité pour eux d’acquérir ou de consommer certains biens,
d’atteindre un certain niveau de confort ou enfin d’honorer certaines
dépenses obligatoires. Lorsque le nombre de difficultés dépasse un
certain seuil, la personne est considérée comme pauvre en conditions
de vie. En France métropolitaine, en 2014, le taux de pauvreté en
conditions de vie des jeunes adultes est de 26 %.
Un jeune sur dix cumule les deux formes de pauvreté, monétaire et en conditions de vie
Au
sein des jeunes décohabitants, les étudiants sont légèrement plus
nombreux à être pauvres en conditions de vie (32 %) que ceux en emploi
(28 %). De nouveau, ce sont les jeunes au chômage ou inactifs qui
rencontrent le plus de difficultés (56 %).
Le taux de pauvreté en
conditions de vie chez ceux qui vivent encore chez leurs parents culmine
également pour les jeunes au chômage ou inactifs (33 %). Il est deux
fois plus faible pour ceux qui poursuivent des études (17 %) ou qui sont
en emploi (15 %).
Un jeune sur dix cumule les deux formes de pauvreté, monétaire et en conditions de vie.
La
troisième approche de la pauvreté ici étudiée est l’approche dite
subjective. Dans l’enquête, les jeunes adultes sont interrogés sur la
perception qu’ils ont de leur situation financière.
Résultat, en
2014, en France métropolitaine, 22 % des jeunes adultes considèrent
que, financièrement, ils y arrivent difficilement ou qu’ils ne peuvent
pas y arriver sans contracter de dettes. Les plus fragiles étant les
jeunes pauvres, au sens monétaire, au chômage, et les chômeurs ou
inactifs pauvres en conditions de vie, conclut l’étude.
L’industrie pétrolière fait main basse sur la COP28
Reporterre / 8.2.2023
La COP28 est déjà gangrenée par l’industrie pétrolière. Le 12 janvier, Sultan Ahmed Al Jaber, PDG d’Adnoc, principale compagnie pétrolière des Émirats arabes unis, était nommé à la présidence
de la prochaine conférence sur le climat. Mais ce n’est pas tout :
l’entreprise a réussi à faire entrer au moins une douzaine d’autres
salariés dans l’équipe organisatrice.
C’est l’information révélée le 5 février par le journal Ouest-France,
qui s’appuie sur une enquête du Centre for Climate Reporting. Cette
organisation de journalisme d’investigation a épluché les comptes
LinkedIn des membres de la délégation émiratie. Parmi eux, deux
ingénieurs d’Adnoc agiront directement en tant que négociateurs au nom
des Émirats arabes unis, qui en tant qu’hôte définit les priorités qu’il
veut donner à l’événement. D’autres cadres supérieurs de la compagnie
pétrolière ont été « chargés de soutenir » le rôle des Émirats arabes unis.
Le
9 février 2023, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de BFM TV pour
l’émission « Face à BFM spécial retraites ». À cette occasion, il était
interrogé par Emmanuel Lechypre,... (1)
(1) ... pendant que Lechypre, lui, est carrément à la ramasse, marqué par l'étape précédente (a) qui l'a vu, sournois, pousser Martinez à la sidération pour tenter de gagner l'étape, - mais avec un autre maillot qui lui allait mieux, celui de... l'écurie 'Vichy' cette fois, resurgie du fond d'une histoire sinistre ! Et confondre le vieux corporatisme pétainisme avec l'esprit moderne d'équipe, cela fait, vraiment, désordre : les coéquipiers n'ont pas apprécié...
A propos de sournoiserie, soulignons seulement que la palme du jour est revenue sans conteste à 'l'animateur' de l'émission, Switek, qui (de son plein gré ou... par pression de son directeur sportif ?) a cru bon, pour masquer la ligne d'arrivée, de sortir de sa casquette le fumigène déjà utilisé contre Quatennens, lors de sa reprise à l'assemblée. Mais comme celui-ci, Mélenchon s'est imposé : la liberté d'expression lui a permis de franchir brillamment la ligne, et plus, de saluer un peloton médusé !
Tous nos compliments au vainqueur !
(a) Lire article voisin sur ce sujet (pour garder la métaphore : 'sur cette étape précédente').
L’Assemblée nationale vote un texte contre le « démantèlement » d’EDF, contre l’avis du gouvernement
L’Assemblée nationale a
adopté jeudi 9 février en première lecture, et contre l’avis du
gouvernement, un texte socialiste pour une « nationalisation » d’EDF
sans risque de « démantèlement », mais aussi pour un bouclier tarifaire
étendu aux artisans, notamment les boulangers.
Le texte du député de l’Eure Philippe Brun a été adopté avec
205 voix contre 1, au terme d’une séance houleuse entre l’opposition,
unie en faveur du texte, et le camp présidentiel, ce dernier ayant
quitté l’hémicycle en accusant l’un des articles de contourner la
Constitution.
C’est une victoire marquante pour les socialistes, qui
misaient beaucoup sur l’adoption de ce texte, qui devra désormais être
étudiée par le Sénat. Il prévoit d’abord une « nationalisation »
d’EDF, et ce bien que le gouvernement ait déjà lancé une offre publique
d’achat pour monter à 100 % du capital du géant de l’électricité.
« Cette proposition de loi est inutile », a tenté de faire valoir le ministre Roland Lescure, craignant que son adoption fasse peser « un risque contre l’opération en cours » et « au mieux un contretemps ».
Bercy a fait valoir mercredi que l’État détenait « 95,82 % du capital », le reste de l’opération étant suspendu à une décision de la Cour d’appel de Paris sur des recours d’actionnaires.
Mais une partie de l’opposition soupçonne l’exécutif, malgré ses dénégations récurrentes, de ne pas avoir réellement renoncé à « Hercule »,
un projet controversé de restructuration d’EDF, impliquant la
séparation des activités nucléaires, hydroélectriques et renouvelables.
« Nous ne voulons ni d’Hercule, ni d’Héraclès, quel que soit le nom » d’un projet de « démembrement » d’EDF, a soutenu le président de la commission des Finances Éric Coquerel (LFI).
Le texte prévoit donc de graver dans le marbre les activités de l’opérateur. « Bercy n’aura plus les mains libres. L’avenir d’EDF sera désormais discuté devant l’Assemblée nationale », a résumé le député écologiste Charles Fournier.
Les Républicains doivent-ils signer un pacte de gouvernement avec Emmanuel Macron comme le suggère Nicolas Sarkozy ?
Les rappels au règlement et interruptions de séance ont
rythmé le début de séance, les députés de l’opposition accusant la
majorité de faire de « l’obstruction ».
Le camp présidentiel protestait contre le maintien dans le
texte d’un article pour étendre le bouclier tarifaire énergétique à
davantage de bénéficiaires, et notamment les artisans-boulangers.
Ils le jugent contraire à la Constitution, car ajoutant une
charge financière pour l’État, ce que les députés ne peuvent
constitutionnellement pas faire.
« C’est un précédent extrêmement grave pour nos institutions », a affirmé Jean-René Cazeneuve (Renaissance).
Éric Coquerel « a bafoué l’impartialité et notre Constitution de manière à accepter un amendement qui coûterait 18 milliards d’euros », a accusé la présidente du groupe Aurore Bergé.
La mesure a été adoptée avec un amendement ajoutant que « par dérogation » au budget 2023, » les pertes de recettes collectées par les fournisseurs d’électricité ne sont pas compensées par l’État ».
Insultes d’Hanouna : C8 condamné à une amende record de 3,5 millions d’euros
La chaîne C8 a été condamnée à une amende record de 3,5 millions
d’euros, après les insultes adressées par Cyril Hanouna au député Louis
Boyard en novembre 2022. L’autorité régulatrice de l’audiovisuel a mis
en demeure C8 pour avoir failli à son obligation de maîtrise de
l’antenne.
Jamais
l’autorité régulatrice de l’audiovisuel n’avait prononcé de sanction
aussi forte. La chaîne de télévision C8 devra payer une amende de 3,5
millions d’euros à la suite des insultes adressées par son animateur
Cyril Hanouna à l’encontre du député Louis Boyard, le 10 novembre 2022.
L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique
(Arcom) a estimé, écrit-elle dans son communiqué, que les propos de
l’animateur avaient « porté atteinte aux droits de l’invité, au respect de son honneur et de sa réputation ».
Le 10 novembre, dans son émission « Touche pas à mon poste », Cyril
Hanouna avait qualifié le député de La France insoumise (LFI), ancien
chroniqueur de son émission, de « tocard », de « merde », de « bouffon » et d’« abruti ». L’Arcom a déploré le « caractère injurieux » de ces propos ainsi que leur accumulation, « d’une particulière agressivité ». Dans sa décision, l’autorité indépendante regrette l’absence de « maîtrise de l’antenne », notant « qu’aucune personne présente en plateau » n’ait « cherché à tempérer » Cyril Hanouna « ni à modérer ses propos ».
Une deuxième décision met en demeure C8 de se conformer à l’avenir aux obligations relatives « à l’honnêteté et à l’indépendance de l’information et des programmes qui y concourent ».
Une référence au refus de laisser Louis Boyard dénoncer les agissements
de Vincent Bolloré, le propriétaire du groupe Canal+, en Afrique, à
l’origine de l’ire de l’animateur.
En juillet 2017, C8 avait déjà été sanctionné d’une amende de 3
millions d’euros pour une séquence jugée homophobe d’une émission de
Cyril Hanouna. Et en juin de la même année, le Conseil supérieur de
l’audiovisuel (CSA), ancêtre de l’Arcom, avait privé le programme de
publicité pendant trois semaines. La chaîne, qui affichait en 2022 une
perte de 47 millions d’euros, avait tenté à l'époque de faire annuler
ces sanctions, déplorant leur impact financier pour le groupe dirigé par
Vincent Bolloré.
« Espèce d’abruti », « Ferme ta gueule », « T’es un naze », « Tocard, va, allez, tais-toi ! Bouffon, va », « T’es un malade », « Tu sais que tu es dans le groupe Canal+ ici ? Qu’est-ce que tu viens foutre ici ? »
Jeudi 10 novembre, sur C8, voilà comment Cyril Hanouna, animateur de
« Touche pas à mon poste ! » (TPMP), s’est adressé à un élu de la
nation, lui intimant de garder le silence.
La faute de Louis Boyard, élu député La France insoumise (LFI) du Val-de-Marne au mois de juin ? Avoir prononcé les mots « Bolloré » et « procès ».
Suffisant pour déclencher l’ouragan et donner à voir une scène d’une
violence rare dans l’histoire de la télévision – à l’issue de l’échange,
le député a fini par quitter le plateau sous les huées du public. Car,
sur C8, on ne parle pas ainsi du grand patron de la chaîne, proche de
Cyril Hanouna, qui ne déteste rien tant que le rappel de ses démêlés
judiciaires et de ses méfaits en matière de déforestation au Cameroun.
« Dès que le mot “Bolloré” a été prononcé, observe la chercheuse au CNRS Claire Sécail, tous
les chroniqueurs ont fait corps avec l’animateur. Ils ont affiché leur
loyauté à Hanouna pendant que celui-ci affirmait la sienne vis-à-vis de
Bolloré. »« Pas du tout surprise » par la séquence, celle qui dissèque le programme de C8 depuis un an y a retrouvé la mécanique générale de l’émission, « faite de confrontations agonistiques où les idées ne gagnent que rarement ». Elle convient néanmoins que cette fois-ci, Cyril Hanouna, qui devrait revenir sur le sujet dans son émission lundi, est allé « loin dans l’outrance ».
Si loin que le tollé est général. Et que depuis jeudi, c’est le
branle-bas de combat dans les sphères militantes. Sur les réseaux
sociaux, la réplique s’est, comme toujours chez les Insoumis, rapidement
organisée. « Personne ne dit “ferme ta gueule” à un député de mon groupe. Pas même Cyril Hanouna et les laquais de Bolloré », a tweeté, vendredi, Mathilde Panot. La présidente du groupe des députés LFI a saisi l’Arcom (ex-CSA) le soir même, au nom du « respect d’un homme » et de « la garantie des libertés fondamentales dans notre pays ».
Boyard : l’électrochoc ?
De fait, jamais un parlementaire n’avait ainsi été insulté à la
télévision française. Une transgression de taille, fût-elle commise par
un animateur gagné depuis longtemps par l’hubris, la démesure, et accusé à plusieurs reprises de harcèlement, comme le rappelait ce portrait du Monde
en avril 2021. Aurait-il osé aller si loin si Louis Boyard n’avait été
auparavant son propre salarié ? Durant l’année précédant son élection
comme député en juin 2022, ce dernier a en effet été embauché comme
chroniqueur sur TPMP.
Un passé que l’animateur s’est fait un malin plaisir de rappeler, entre deux éructations furibondes : « Moi, je ne crache pas dans la main qui me nourrit »,
a-t-il lancé à son ancien employé. Le mélange des genres n’a pas laissé
indifférents certains observateurs, y compris à gauche. L’eurodéputé
écologiste David Cormand ne s’est pas fait prier pour pointer le fait
que « participer à la politique spectacle, même pour la dénoncer, c’est de fait la soutenir » et, in fine, « faire le jeu des populistes [et] de l’extrême droite ».
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a écrit sur Twitter : « Je viens de découvrir l’altercation Hanouna/Louis Boyard. Rien ne va. Pour la vedette de Bolloré [Cyril Hanouna – ndlr], tout s’achète jusqu’à la conscience des hommes. C’est la chaîne qui crée les notoriétés [en l’occurrence celle de Louis Boyard – ndlr] et donc qui fait élire. Le retour c’est de ne pas cracher dans cette main qui nourrit. »
Une critique à peine voilée de la stratégie médiatique de LFI, dont
certains représentants ont eu leur rond de serviette sur des chaînes où
l’on débat, sans coup férir, de l’opportunité de rétablir la peine de
mort ou du « grand remplacement ». À l’inverse, d’autres
commentateurs ont défendu l’importance de ne pas laisser de terrain à
l’adversaire et ont même vu dans l’altercation de jeudi un moment lors
duquel Cyril Hanouna a révélé au grand jour son allégeance au patron
milliardaire.
La séquence a en tout cas réveillé l’éternel dilemme : faut-il
boycotter certains espaces audiovisuels, au risque de se couper d’un
public inatteignable par des canaux plus traditionnels et d’abandonner
ainsi la « bataille culturelle » ? Ou les investir, au risque d’en être
l’« idiot utile » et d’abîmer sa crédibilité dans des arènes médiatiques
extrême-droitisées ?
Où met-on le curseur ? Plus le temps passe, plus l’empire Bolloré est tentaculaire.
Coline Maigre, responsable de la presse à LFI
L’électrochoc de l’affaire Boyard a remis sur le tapis un débat jamais vraiment réglé au sein du mouvement mélenchoniste. « On
est pris entre les principes et l’éthique qui nous inviteraient à ne
pas aller sur ce genre d’émissions ou de médias, et une forme de
pragmatisme qui consiste à ne pas laisser les citoyens qui regardent ces
chaînes dans des bulles d’extrême droite sans contradiction »,
résume la députée Clémentine Autain. Pour sa part, elle a décidé de
longue date de ne se rendre ni sur CNews, ni dans une émission de Cyril
Hanouna.
David Guiraud s’est, à l’inverse, fait un nom
en allant cogner contre l’extrême droite sur CNews, avant de se faire
élire député de Roubaix en juin dernier. Il veut lui aussi montrer la
complexité de l’équation. S’il ne plaide pas pour un boycott définitif
de C8, il juge que « les insultes sur un élu requièrent une réaction du groupe parlementaire sur le temps long », et appelle « à ne pas faire comme s’il ne s’était rien passé ».
« Mais attention à ne pas mettre le doigt dans une rhétorique qui disqualifie toute participation à des médias de masse, avertit-il. Nous
avons la responsabilité d’être efficaces politiquement, alors se priver
d’émissions regardées par 1,5 million de téléspectateurs qui sont aussi
des classes populaires et une part de notre électorat [un tiers des téléspectateurs de Cyril Hanouna a voté pour Jean-Luc Mélenchon, et un tiers pour Marine Le Pen, à la dernière présidentielle - ndlr], c’est également problématique. »
Coline Maigre, attachée de presse de LFI, s’interroge elle aussi mais se dit contre les boycotts systématiques : « Le
problème c'est : où met-on le curseur ? Plus le temps passe, plus
l’empire Bolloré est tentaculaire. Les événements comme l'émission avec
Louis Boyard sont d'ailleurs nécessaires pour que les gens puissent se
rendre compte à quel point il s'étend. »
Entre Hanouna et LFI, une longue histoire mouvementée
Reste que le débat traverse les Insoumis davantage que les autres
forces de l’union de la gauche. Mouvement jeune (créé en 2016) et
contestataire, LFI a en effet toujours cherché à contourner les médias
qualifiés de « mainstream » – ils sont la « deuxième peau du système », expliquait jadis Mélenchon –, pour élargir, coûte que coûte, son audience. « Les
Insoumis ont trouvé dans TPMP une émission qui s’est construite dans
l’hostilité à la gauche traditionnelle, à travers laquelle ils accèdent à
un électorat jeune et antisystème », confirme Claire Sécail.
Ce n’est donc pas un hasard si Jean-Luc Mélenchon est le premier
homme politique d’envergure à se rendre chez Cyril Hanouna en 2013. « Cette émission existe grâce à vous, a même rappelé le présentateur en janvier dernier. Vous avez été un des premiers à venir. » Pas
un hasard non plus si, neuf ans plus tard, toujours avide d’ouvrir de
nouveaux espaces de parole, l’Insoumis intervient dans une vidéo de l’influenceuse controversée Magali Berdah, dite « la papesse de la téléréalité », afin de « parler de politique autrement » pendant la présidentielle.
Plus généralement, les « orateurs » (porte-parole) du mouvement se
sont, ces dernières années, régulièrement affichés dans des médias de
droite, voire d’extrême droite. Comme Alexis Corbière qui, en janvier
2019, donne une interview à Valeurs actuelles, créant le malaise en interne. Il ne réitérera pas l’expérience.
Car la stratégie médiatique du mouvement a varié au gré des
circonstances. À l’automne 2019, LFI publie ainsi un communiqué
indiquant qu’« aucun orateur » ne se rendra désormais sur CNews tant qu’Éric Zemmour, qui vient de lancer un appel à la guerre civile lors de sa « convention de la droite », y sera employé. « Nous considérons que l’audience ne doit pas primer sur la décence et que le fric ne doit pas primer sur l’éthique », indique alors le mouvement.
Les bonnes résolutions ne dureront qu’un temps. D’autant qu’au même
moment, une figure bien connue de LFI, Raquel Garrido, commence à
officier en tant que chroniqueuse permanente dans l’émission « Balance
ton poste ! » de son « ami » Cyril Hanouna, sur C8, la chaîne sœur de CNews.
Semaine après semaine, la militante de gauche se heurte pourtant à
l’hostilité croissante de l’écosystème Hanouna. Jusqu’à la rupture pour
cause de mésentente avec le chroniqueur Éric Naulleau, que Raquel
Garrido accuse de « harcèlement » envers elle. « Il y a quelque chose de toxique »
dans cette émission, lancera-t-elle sur le plateau de TPMP en octobre
2021, lors d’une pseudo-séance d’explication organisée en direct avec
l’essayiste proche d’Éric Zemmour. Une séquence télévisuelle qui virera,
une fois encore, à l’humiliation publique pour la chroniqueuse.
Curieusement, cette mauvaise expérience
d’une proche du premier cercle de Jean-Luc Mélenchon ne met pas un terme
aux collaborations du mouvement avec Cyril Hanouna. Et l’Insoumis, qui
prend pourtant soin de ne se rendre ni sur CNews ni sur Europe 1 (deux
chaînes du groupe Bolloré) durant sa campagne – il ne viendra pas non
plus sur Mediapart, voir nos explications au début de cette émission
–, revient sur C8. D’abord dans l’émission « Balance ton poste ! », en
février 2021. Puis un an plus tard, à l’occasion de sa campagne
présidentielle, pour « parler aux jeunes ».
Le 27 janvier 2022, trois mois avant le 1er tour, il est ainsi l’invité de « Face à Baba » (alias
Cyril Hanouna), émission durant laquelle Raquel Garrido apparaît
souriante dans le public. Mais la soirée est un nouveau guêpier pour les
Insoumis. Dans une ambiance « glauque », dixit une
accompagnatrice, l’émission vire à la catastrophe sous la houlette d’un
Cyril Hanouna recherchant frénétiquement le « buzz » et qui laisse à
Éric Zemmour, qui fait face à Mélenchon, deux fois plus de temps que
prévu autour de la table.
Un mauvais souvenir qui, là encore, ne découragera néanmoins pas les
Insoumis de se presser régulièrement sur le plateau de TPMP les mois
suivants. La semaine dernière, c’est ainsi à Cyril Hanouna que la
direction du parti réserve la primeur de la réaction de Carlos Martens
Bilongo, après les propos xénophobes d’un député du Rassemblement
national à l’Assemblée (voir ici). Il vient alors accompagné de Mathilde Panot et de David Guiraud. « Il fallait frapper fort », justifie ce dernier.
Mais beaucoup à gauche, y compris au sein de LFI, sont moins
convaincus : la quête à tout crin de l’audimat en vaut-elle la
chandelle ? L’émission intervient, qui plus est, quelques jours après
que Cyril Hanouna a surfé sur le meurtre de la petite Lola, prônant,
devant les téléspectateurs et téléspectatrices, une justice expéditive,
enjoignant au ministre de l’intérieur Gérald Darmanin de piétiner l’État
de droit, et fêtant éhontément le pic d’audience généré par l’émission
consacrée à ce sordide fait divers.
Un dispositif impossible à subvertir ?
Les déconvenues du passé, et le sort fait à Louis Boyard jeudi, ont
peut-être enfin rebattu les cartes. Pour Claire Sécail, la stratégie
employée par LFI – privilégier l’audience à la qualité de l’émission – a
en tout cas du plomb dans l’aile. Quant à la participation des Insoumis
à l’émission de Cyril Hanouna, elle juge le pari perdant sur toute la
ligne.
« Ce n’est pas parce qu’un invité serait “fort en gueule” que sa parole individuelle peut s’imposer,observe la chercheuse. C’est
Hanouna le chef d’orchestre, et il n’hésite pas à interrompre la
dynamique d’un échange. Il est quasiment impossible d’imposer son propre
agenda quand les plateaux sont construits autour de la thématique de
l’adversaire, les Insoumis étant souvent placés en situation de “match”
face à des partisans d’Éric Zemmour ou des identitaires. »
Dans une étude récente sur la couverture de la campagne présidentielle par la chaîne C8 et son émission phare TPMP (accessible librement ici),
Claire Sécail pointe par ailleurs des inégalités manifestes de
traitement entre candidats et forces politiques, en dépit des règles
existantes sur les temps de parole. D’après ses résultats, l’extrême
droite a été nettement favorisée, tandis que « Jean-Luc Mélenchon a fait l’objet d’un traitement particulièrement désavantageux ». Autant de signes d’un « pluralisme dévoyé », selon la chercheuse.
Faut-il
donc s’inscrire dans cet univers hostile à la parole progressiste, où
les invectives et la dérision peuvent disqualifier à tout moment un
raisonnement ? Où, dans un relativisme total, affects personnels et
préjugés peuvent être déclarés vainqueurs par la simple invocation du
« bon sens » ou de la loi du plus fort – en l’occurrence celle de
l’animateur ?
La question est désormais posée à LFI. Mais aussi au reste de l’échiquier politique, comme à la Macronie, qui entretient, via notamment la ministre Marlène Schiappa (voir notre documentaireMedia Crash), des relations étroites avec Cyril Hanouna.
En attendant, Louis Boyard a annoncé la tenue d’une conférence de
presse, lundi, à l’Assemblée nationale. Il y annoncera son intention
d’ouvrir une commission d'enquête parlementaire « pour mesurer les ingérences de Vincent Bolloré sur les médias qu’il possède ». Et évoquera, sans doute, la proposition de loi visant
à mettre fin à la concentration des médias que ses collègues insoumises
Clémentine Autain et Sarah Legrain défendront lors de la prochaine
niche parlementaire, fin novembre, dans l’hémicycle.
Une loi qui consisterait à rendre du pouvoir aux sociétés de
rédacteurs, à limiter l’accès d’un actionnaire au capital des grands
médias et à interdire toute prise de contrôle de plus de 20 % dans les
médias significatifs. S’il n’a, pour l’heure, aucune chance d’être voté,
le texte semble pourtant d’une criante actualité.
À une voix près, l’Assemblée refuse le repas à un euro pour tous les étudiants
Le Parti socialiste
proposait ce jeudi 9 février à l’Assemblée nationale le repas à un euro
pour tous les étudiants. Mais après un scrutin très serré, qui s’est
joué à une seule voix, l’Assemblée nationale, via les voix de la droite
et de la majorité présidentielle, a refusé la généralisation de ce
dispositif.
Des étudiants mangeant au Crous de l’Université de Corse, à Corte, le 9 septembre 2022. Photo d’illustration. | PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
À une voix près à l’Assemblée nationale, tous les étudiants
de France auraient pu bénéficier de repas à un euro. Alors que le Parti
socialiste avait proposé ce 9 février, dans le cadre de sa niche
parlementaire (un moment où un parti peut proposer son ordre du jour
dans l’hémicycle), la généralisation du dispositif du repas à un euro
pour les étudiants, les députés ont voté contre.
Sur 371 votants, 183 députés ont voté pour et 184 ont voté
contre. Dans le détail, les partis de gauche de la Nupes ainsi que le
Rassemblement National ont voté en faveur du dispositif, alors que la
majorité Renaissance-Modem-Horizons et Les Républicains s’y sont
opposés, selon la liste des votants publiée sur le site de l’Assemblée nationale.
Le gouvernement a dit souhaiter « aider celles et ceux qui en ont le plus besoin »
Alors que la mesure est actuellement limitée aux étudiants
boursiers et précaires, la proposition de loi prévoyait, dans sa
rédaction d’origine, « un plafond fixé à un euro par repas pour la tarification des repas servis dans les sites de restauration des Crous ».
Lors des débats à l’Assemblée ce 9 février, Fatiha
Keloua-Hachi, députée socialiste à l’origine de cette proposition, a
expliqué que la situation actuelle n’était « pas suffisante » et que ce tarif de 1 € n’était pas inscrit dans la loi. « 18 % des étudiants ne mangent pas à leur faim », a-t-elle rappelé à la tribune de l’hémicycle.
Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur a
rappelé les dispositifs mis en place par le gouvernement pour les
étudiants les plus pauvres et a affirmé à l’Assemblée qu’elle était
favorable au repas à un euro, mais juste pour les étudiants précaires et
boursiers, afin « d’aider celles et ceux qui en ont le plus besoin ».
Au sein de l’hémicycle, l’annonce du résultat du vote a suscité l’indignation de plusieurs députés. «
Il a manqué une voix. Une voix pour aider des millions d’étudiants à se
nourrir au quotidien. Entre la précarité étudiante et les riches, la
Macronie a fait son choix », a par exemple déploré le député LFI Louis Boyard sur Twitter.
Projet
de loi asile et immigration : « nous n’avons pas besoin de ce énième
texte répressif. Nous avons besoin de justice, d’égalité et de
solidarité ! »
Le 1er février a été présenté en conseil des ministres
le énième projet de loi asile et immigration. A nouveau et comme nous
le prévoyions ce texte ne répondra pas à la détresse des personnes
étrangères et s’emploiera à les plonger encore davantage dans une vie
aux conditions inhumaines. Sans surprise le texte ne parlera pas des
dizaines de milliers de personnes mortes ces dernières années aux portes
de l’Europe sur les routes de l’exil, dont certaines à nos propres
frontières. Il ne mentionnera pas les égarements des préfectures qui,
hors de tout discernement, décident l’enfermement de personnes en besoin
de soins, la délivrance d’OQTF à des personnes syriennes, afghanes,
iraniennes… ou encore l’exécution d’expulsions hors de tout cadre légal .
Rien non plus sur la nécessité de défendre les idées d’hospitalité et
de solidarité, à l’heure où l’extrême-droite est à l’offensive pour
faire échouer comme à Callac des projets d’accueil de personnes exilées.
Ni rien sur l’importance d’affirmer haut et fort le respect du droit
d’asile au moment où l’inacceptable projet britannique d’externalisation
au Rwanda marque le débat européen.
Malheureusement c’est confirmé, telle ne sera pas la
tonalité du discours gouvernemental autour du projet de loi, ni les
grands éléments de son contenu. Il est dramatique de voir à quel point,
pour trouver une majorité politique permettant l’adoption du texte, la
surenchère est déjà de mise. Obsession pour l’enfermement, les
expulsions, stigmatisation des personnes étrangères à travers
l’assimilation immigration/délinquance, assurance que la timide
ouverture proposée autour des régularisations sur les métiers en tension
restera bien marginale… Tout est fait pour que la spirale de la
restriction des droits des personnes exilées se poursuive, que les
drames continuent à nos frontières et sur notre sol, que les idées
d’extrême-droite, que l’on prétend combattre en y répondant sur leur
propre terrain, soient au final renforcées. Nous n’avons pas besoin de
ce énième texte répressif. Nous avons besoin de justice, d’égalité et de
solidarité. Nous avons besoin de hauteur de vue, d’exigence éthique et
de courage face aux peurs, pour reconnaître et expliquer les migrations
comme composante essentielle de notre monde, pour affirmer qu’il n’y a
pas de « en même temps » qui tienne en matière de droits humains, mais
un nécessaire respect qui n’est pas négociable.
La Cimade avec
l'ensemble de ses partenaires sera pleinement au rendez-vous du
plaidoyer et de la mobilisation contre ce projet de loi.
Mobilisons-nous pour faire vivre ces convictions et montrer que d’autres politiques migratoires sont possibles !
Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale de La Cimade.
La Cimade se retire du CRA du Mesnil-Amelot
Dans un contexte de recrudescence de violences et de
graves dysfonctionnements, la Cimade a décidé le 2 février 2023 d’un
retrait de ses équipes dans les centres de rétention du Mesnil-Amelot
jusqu’à nouvel ordre.
90 propositions pour une véritable protection des mineur·e·s isolé·e·s
Un an après la promulgation de la loi relative à la
protection des enfants dite “Loi Taquet”, les droits de milliers
d’enfants présents sur le territoire français ne sont toujours pas
respectés. A cette occasion La Cimade est co-rédactrice d’un rapport
faisant 90 propositions pour améliorer la situation et les droits des
mineur·e·s isolé·e·s
Traité du Touquet : 20 ans d’accords meurtriers à la frontière franco-britannique
A l’occasion du 20ème anniversaire de la signature des
accords du Touquet relatif à la coopération franco-britannique autour
de la gestion externalisée de la frontière de la Manche et de la Mer du
Nord, 60 associations publient un manifeste commun pour demander une
politique alternative, respectueuses des droits humains, à cette
frontière.