lundi 22 août 2022

IL Y A 80 ANS, LE RAID CANADIEN DE DIEPPE : LE SOUVENIR INDEFECTIBLE DE PLUS DE 1000 JEUNES FAUCHES... ET UNE "VILLE SOEUR, DIEPPE", LA-BAS EN ACADIE... (1)

Une veillée et des cérémonies en hommage aux soldats du raid canadien de 1942, les précurseurs du D-Day

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Il y a 80 ans, les soldats alliés tentaient un débarquement sur 8 plages de la côte dieppoise. L'opération Jubilee. Elle échoua, 1200 soldats périrent. Canadiens et Normands ont commémoré cette date et entouré le vétéran Gordon Fennell, âgé de 100 ans, qui est revenu pour la première fois.

"Nous n'avons pas eu le temps de voir grand-chose, en l'espace de deux minutes il n'y avait plus rien. Une péniche d'assaut à côté de la nôtre vient d'être atteinte, elle s'est désintégrée avec tous ceux qui étaient à son bord.

Tant de camarades et d'amis qui étaient là il y a deux minutes ont disparu pour toujours, c'est horrible"

(Lettre de Robert Boulanger,  membre des Fusiliers Mont-Royal, mort à 18 ans lors de l'opération Jubilee)  (1)

Les jeunes soldats alliés du débarquement du 19 août 1942 savaient bien que cette mission était extrêmement dangereuse.

Les lettres lues pour ces commémorations  (le programme détaillé) permettent de donner une voix aux photos noir et blanc posées sur certaines des tombes du cimetière des Vertus à Hautot-sur-Mer près de Dieppe.

Le vétéran Canadien, âgé de 100 ans, Gordon Fennell, a trouvé la force de voyager jusqu'en Normandie pour représenter tous ses frères d'armes.

Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur. Bouleversé, il a dit combien il était reconnaissant. Le vétéran n'était jamais revenu à Dieppe. Il se maria à une anglaise rencontrée pendant la guerre et devint économiste. 

 

(images de l'ECPAD-ministère des Armées)

durée de la vidéo : 02min 14
Gordon Fennell, vétéran du Raid canadien de 1942, reçoit la Légion d'honneur à Dieppe ©Images de l'ECPAD ( établissement de communication et production audiovisuelle de la Défense)
 

"Je suis heureux de pouvoir raconter ce que j'ai vécu et de rendre hommage aux nombreux soldats qui ont perdu la vie lors de ce jour fatidique"

 

Gordon Fennell

Gordon Fennell, dernier vétéran du raid canadien, est revenu à Dieppe pour représenter tous ses camarades ©A. B. Rombhot/ C. Vanier/ V. Ducroquet/ France Télévisions
 

Au cimetière des Vertus, à Hautot-sur-Mer près de Dieppe, 955 soldats alliés reposent dont 707 sont canadiens.

Cette terre normande a été cédée au Commonwealth. Chaque 18 août, une veillée est organisée en mémoire de l'ultime nuit des soldats du débarquement de 1942.

Chaque tombe est décorée d'une rose. Leurs noms sont lus. 

Raid canadien de 1942 : la veillée autour des soldats morts sur la côte dieppoise lors du premier débarquement ©M. Queinnec/ C. Heudes

Les communes de Berneval à Sainte-Marguerite-sur-mer sont indéfectiblement liées avec le Canada. C'est sur ces plages, sur un front de 16 kilomètres, que le débarquement a eu lieu.

Dieppe en Normandie a une ville soeur, Dieppe, ville acadienne dans la province du Nouveau-Brunswick.  Son maire Yvon Lapierre est venu pour ces commémorations avec une délégation. 

 

"Le nom a été suggéré par une enseignante d'histoire pour nommer notre communauté", explique le maire de Dieppe au Canada.

Ginette Petitpas-Taylor, la ministre représentant le gouvernement du Canada, y est née. Elle a souligné "Mon Dieppe quand même se trouve au Canada !" et expliqué : 

"cette commune a d'abord porté le nom de French village puis le village a adopté le nom de Dieppe afin de rendre hommage aux soldats tombés au combat ici pendant la seconde guerre mondiale"

Dieppe, la Normande, se souvient, elle, que ce sont les Canadiens qui la libérèrent le 1er septembre 1944. Un choix fait par les alliés pour honorer ceux qui ont sacrifié leurs jeunes vies en 1942. 

 

(1)  Sur l'information de tous ces jeunes de 20 ans envoyés à la boucherie, l'article est bien elliptique, bien euphémique. Il faut lire la lettre de Robert Boulanger qui n'en revint pas et, plus, en renvoi de celle-ci, "les raisons de l'opération Jubilee" (sans omettre les multiples renvois dans l'article).

On a noté que celui qui aime la mémoire patriotique, Macron, n'a pas trouvé une demi-journée pour faire le déplacement de Dieppe : ces 80 ans-là étaient peut-être trop compliqués à commémorer pour lui ? Et puis, reconnaissons que son déplacement de fin de semaine à Alger est plus compliqué encore - et incontournable pour les raisons économiques que l'on sait : le gaz pour se chauffer l'hiver prochain, contre des 'promesses' de céréales... pour le compte de l'Ukraine... Bien loin de l'ambitieuse célébration de 60 ans de paix, bien loin de l'aveu si opportuniste du candidat de 2016 à la présidence - mais au nom de la France - de crimes contre l'humanité !

J.P. C. 

 

 

 

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