Centres de "redressement" pour mineurs : la gauche s'insurge contre la proposition de Gérald Darmanin

Orange avec Media Services, publié le mardi 23 août 2022 à 09h47
Le ministre de l'Intérieur va faire
au président de la République des propositions pour la mise en place de
"lieux encadrés par des miliaires, qui sont des lieux de rééducation, de
redressement d'une partie des enfants, des adolescents très jeunes".
"Consternant", "répugnant", "mépris de la jeunesse"... Plusieurs
personnalités de gauche ont réagi lundi 22 août à la proposition de
Gérald Darmanin, en visite à Mayotte, de mettre en place des centre de
"redressement" pour les mineurs délinquants.
"Et pourquoi pas le bagne de Cayenne aussi ? Darmanin et son maître
Macron continuent leur fuite en avant dans la démagogie
d'extrême-droite.
Cette proposition insensée est une ignominie et
une insulte pour Mayotte, les militaires, la réinsertion. Consternant
et répugnant", a écrit sur Twitter le député insoumis de
Seine-Saint-Denis, Bastien Lachaud.
"La tentation régressive de ce gouvernement, et particulièrement de Gérald Darmanin, est vertigineuse, a de son côté tranché l'eurodéputé EELV David Cormand. Nostalgie fantasmée de l'imaginaire du bagne. Mépris de la jeunesse. Mépris de l’armée. Mépris des outre-mers."
"Tout ça pue le pétainisme, le colonialisme et la xénophobie. (...) Darmanin et Macron racolent l'extrême droite", a également attaqué le député LFI des Hauts-de-Seine Aurélien Saintoul.
"Le président de la République dans sa campagne a proposé quelque chose qui n'a pas beaucoup été discuté : des lieux encadrés par des militaires, qui sont des lieux de rééducation, de redressement d'une partie des enfants, des adolescents très jeunes, qui n'ont pas de parents, ou si peu. On l'a vu un peu à la Réunion, on le voit beaucoup ici à Mayotte", a déclaré lundi Gérald Darmanin à la presse à l'issue de la visite du centre hospitalier de cette île de l'océan Indien. Il a annoncé qu'il ferait des propositions en ce sens au président de la République "dès la semaine prochaine".
Le ministre a indiqué que les policiers et les gendarmes, décorés plus tôt dans la journée, avaient évoqué "en aparté des mineurs de 11 ans, de 10 ans, de neuf ans qui avaient des machettes, des haches, qui attaquaient les policiers et les gendarmes".
"Aujourd'hui les magistrats, et c'est bien normal, les libèrent, puisqu'on ne met pas les enfants en prison, mais il faut pourtant leur offrir un lieu de sanction et d'éducation", a expliqué le ministre.
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