samedi 27 août 2022

CENTRALE NUCLEAIRE UKRAINIENNE : L'ANGOISSE MONTE D'UN CRAN, DANS L'ATTENTE POUR LES EXPERTS DE L'AIEA DE POUVOIR Y ACCEDER...

Centrale de Zaporijia : l’opérateur ukrainien alerte contre un risque de « pulvérisation de substances radioactives »

 

Energoatom, l’opérateur ukrainien des centrales nucléaires, affirme que les Russes ont bombardé le site à plusieurs reprises et que « l’infrastructure de la centrale a été endommagée ». Moscou renvoie la responsabilité des bombardements de Kiev.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 16h29


Image satellite de la centrale nucléaire de Zaporijia, le 24 août 2022, montrant de la fumée dans le périmètre de la centrale.

La centrale nucléaire de Zaporijia reste au cœur des inquiétudes. L’opérateur ukrainien Energoatom a annoncé, samedi 27 août, que la centrale avait beau être raccordée au réseau électrique, la présence d’équipement militaire russe sur le site constituait toujours un danger majeur.

Lire aussi : Guerre en Ukraine, en direct : la Russie a restitué les corps de 541 soldats ukrainiens, dont 300 défenseurs d’Azovstal

Les troupes russes ont bombardé le site « à plusieurs reprises au cours de la dernière journée », a affirmé la compagnie nationale ukrainienne. « Conséquence des bombardements périodiques, l’infrastructure de la centrale a été endommagée et il existe des risques de fuite d’hydrogène et de pulvérisation de substances radioactives », a-t-elle dit, en faisant état d’« un risque d’incendie élevé ».

Entre jeudi et vendredi, la centrale et ses six réacteurs de 1 000 mégawatts chacun ont été « totalement déconnectés » du réseau national à cause de dommages sur les lignes électriques, selon Kiev. Energoatom a finalement annoncé qu’« un des réacteurs arrêtés la veille » avait été « reconnecté au réseau électrique » vendredi. Il « produit de l’électricité pour les besoins de l’Ukraine » et « l’augmentation de [sa] puissance est en cours », a précisé la compagnie.

La mission de l’AIEA dans l’attente

Kiev et Moscou continuent à se renvoyer la responsabilité des bombardements à proximité du complexe, près de la ville d’Enerhodar, sur le fleuve Dniepr, et de mettre ainsi la centrale en péril. La Russie a ainsi accusé l’Ukraine d’avoir tiré dix-sept obus sur l’enceinte de la centrale au cours des vingt-quatre dernières heures. « Quatre sont tombés sur le toit du bâtiment (…) où se trouvent 168 assemblages de combustible nucléaire américain de la firme WestingHouse », a précisé le ministère de la défense russe dans un communiqué. Des obus se seraient aussi écrasés à 30 mètres d’un dépôt de combustible usagé et près d’un autre contenant du « combustible frais ».

Lire aussi : Centrale de Zaporijia : « La population russe n’a aucun intérêt à ce qu’une catastrophe se produise, mais elle n’a pas son mot à dire »

Selon l’armée russe, l’armée ukrainienne procède à ces tirs depuis les alentours de la ville de Marhanets, qui fait face à la centrale, sur la rive opposée du Dniepr, toujours contrôlée par Kiev. Selon le gouverneur de l’oblast de Dnipropetrovsk, Valentyn Reznitchenko, les Russes ont, à l’inverse, envoyé depuis la centrale de Zaporijia des missiles Grad et des obus d’artillerie sur les villes de Nikopol et Marhanets.

Jugeant la situation « dangereuse », le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a pressé, vendredi, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’envoyer au plus vite une mission sur place, déplorant que les troupes russes « poussent en permanence vers un scénario du pire ». L’ONU a appelé à cesser toute activité militaire aux alentours tandis que, face à un « risque très réel de catastrophe nucléaire », l’AIEA réclame d’y avoir accès.

Des experts de l’AIEA y sont attendus « la semaine prochaine », selon la conseillère du ministre de l’énergie ukrainien, Lana Zerkal, qui a reproché aux Russes d’« artificiellement créer des obstacles » à cette mission, ce que Moscou nie. L’Agence n’a, de son côté, confirmé aucune date.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En cas d’accident nucléaire à la centrale de Zaporijia, la guerre compliquera la protection des populations

Le Monde avec AFP

 

Aucun commentaire: