jeudi 4 février 2021

INSULTES SEXISTES INSUPPORTABLES A L'ASSEMBLEE... ET PRESIDENT DE SEANCE DANS LA CONFUSION (1)

 Insulte sexiste » : la députée Mathilde Panot (LFI) demande « excuses » et « sanction »

Dans la vidéo des débats mardi soir, on entend clairement qu’un député lance « la poissonnière ! », avant une intervention de l’élue à la tribune.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 00h10, mis à jour à 06h35
La députée Mathilde Panot (La France insoumise), à l’Assemblée nationale à Paris, le 8 décembre 2020.

Qualifiée de « poissonnière », mardi soir 2 février, dans l’Hémicycle par un « député LRM [La République en marche] », l’élue (La France insoumise, LFI) du Val-de-Marne Mathilde Panot a réclamé mercredi des « excuses » et une « sanction » après cette « insulte sexiste ».

« Ce n’est pas une question personnelle. C’est notre institution qui ne doit pas laisser passer ça. Il y a beaucoup trop de sexisme à l’Assemblée nationale », a-t-elle affirmé auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

« Je rappelle qu’il y avait eu des bêlements lors d’une prise de parole de la députée Alice Thourot [LRM, Drôme] ou que mes collègues Clémentine Autain [LFI, Seine-Saint-Denis] et Elsa Faucillon [Parti communiste français, Hauts-de-Seine] avaient été traitées de petites connes par le député Meyer Habib  (a)  [Union des démocrates et indépendants] », a poursuivi l’élue du Val-de-Marne.

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« La poissonnière ! »

Dans la vidéo des débats de mardi soir, on entend clairement qu’un député lance « la poissonnière ! », avant une intervention de Mathilde Panot à la tribune. Mise au courant, l’élue « insoumise » a protesté une heure plus tard lors d’un rappel au règlement pour « fait personnel ». « Si je veux faire ce rappel au règlement, c’est parce que je crois qu’il est important que notre Assemblée ne laisse pas passer ce genre d’insulte sexiste. Je défendrai chacun des collègues parlementaires qui sont victimes de sexisme », a-t-elle alors expliqué.

Mathilde Panot indique avoir reçu le soutien de plusieurs collègues y compris de LRM, comme la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet.

Mercredi, elle a adressé un courrier au président (LRM) de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, en réclamant une « sanction » contre « Monsieur Pierre Henriet », député (LRM) de Vendée à qui elle attribue l’insulte.

Celui-ci s’est excusé sur Twitter, réfutant cependant toute intention sexiste dans son propos. « @MathildePanot passe son temps à vociférer à la tribune et à couper la parole. J’étais excédé et mon propos n’est en rien une injure encore moins sexiste, c’est une expression pour dénoncer son comportement comme je le fais aussi pour ses collègues masculins », a-t-il soutenu.

« Si elle se sent à tort insultée, je la prie de bien vouloir m’excuser. Au passage, je remercie ses camarades insoumis pour les centaines d’insultes dont ils me couvrent de quel côté donc est le mépris ? », a-t-il complété.

« La folle »

Mathilde Panot ajoute qu’une autre insulte lui a été lancée, « la folle », par un « député LRM » et demande une « identification sans délai de l’auteur » de ces propos, également audibles dans la vidéo des débats.

Lors de l’incident, le président de séance David Habib  (b) (Parti socialiste) a déclaré « ne pas être au courant de ce qui a été dit », mais transmettre au président de l’Assemblée nationale l’interpellation de Mme Panot :

« Si des propos graves, sexistes, ont été tenus, je pense que le président de l’Assemblée nationale prendra les dispositions et les décisions qui s’imposent. »

David Habib  (b) a par ailleurs provoqué la colère de Mathilde Panot en l’appelant à plusieurs reprises « Madame Batho », l’ancienne ministre de l’écologie, également parlementaire (non inscrite).

Mercredi soir, à nouveau au perchoir, il a indiqué que Richard Ferrand, allait « rassembler les éléments » et « aura l’occasion de s’exprimer » sur le sujet. A ce stade, le compte rendu des débats, disponible sur le site de l’Assemblée, ne mentionne pas les propos évoqués, mais décrit un « vif brouhaha ». (suite dans Le Monde /ndlr)

 

(1)  A partir de ce énième et navrant incident de même nature, plusieurs questions annexes, mais elles aussi importantes, se posent au sujet de cette "représentation nationale" dont les parlementaires se gargarisent en séance, pas toujours à bon escient quant aux qualités que cette représentation implique, hélas. ¨Pour le citoyen ordinaire que je suis, ces questions sont les suivantes :

(a)   à partir du cas Meyer Habib, quelles sont les circonscriptions (internationales par définition) et les modalités de candidature et d'élection des député.e.s représentant les français de l'étranger ?  Cela inspire peu les médias, semble-t-il.  Si l'on se réfère audit cas, il apparaît qu'ils sont plutôt 'mal élus', i.e. avec un taux de participation très bas... Ce qui ne les empêche pas de se manifester de façon parfois bien peu digne de leur mandat : dernière situation sur le sujet, l'article cité en référence plus haut "Des élus en roue libre". La vedette s'y dispute entre un certain représentant "du Lichtenstein et de la Suisse" (sic) et... Meyer Habib, représentant de nos compatriotes du Proche-Orient - et, double nationalité à l'appui, plus probable "représentant personnel en France de Netanyahou", son "frère" tel qu'il le qualifie. Ces infos sont disponibles sur Wikipédia...

(b)   de façon plus ponctuelle, il serait bon qu'un président de séance à l'A.N. n' 'écorche' pas les noms de ses collègues. Ainsi, le président en cause, David Habib, n'apprécierait pas forcément de se faire appeler... Meyer Habib, surtout "à plusieurs reprises". La colère de Mathilde Panot... "Batho" apparaît ainsi justifiée.

J.P. Carlin

 


 

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