jeudi 5 juillet 2018

COMMUNIQUE DU GROUPE PARLEMENTAIRE FI SUR LA SECURITE SOCIALE (1)





Les mots sont importants : haro sur la Sécurité Sociale

 

Le rapporteur général du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), Olivier Véran, a proposé un amendement souhaitant remplacer le terme « Sécurité Sociale » par « protection sociale » au sein de la Constitution.
La commission des lois a d’ores et déjà validé cet amendement qui pourrait être discuté en séance.
Il serait dangereux de minorer l’importance de ce changement sémantique, véritable changement de paradigme social. Cet amendement constitue une proposition d’autant plus dangereuse alors que le PLFSS de l’année 2018 a été amputé de 4,2 Milliards d’Euros et qu’une réforme des retraites arrive sur la table à la rentrée.
Alors que les besoins en termes de santé, notamment au sein de l’hôpital public, sont croissants et qu’un nombre toujours plus important de français ne se soignent plus, faute de moyens, cet amendement est un nouveau coup de massue.
La Sécurité Sociale s’inscrit dans la longue construction d’un système d’universalisation des cotisations de chacun face aux risques de la vie.
Le Président Macron et sa majorité parlementaire entendent la mettre à mal en prenant exemple sur les modèles individualistes et contributifs. Nous sommes face à du thatchérisme du XXIème siècle.
La France insoumise rappelle son attachement à la Sécurité Sociale, éditée en 1945, comme socle de notre République.
Comment peut-on imaginer que cette institution phare, connue et reconnue par tous les français puisse disparaitre de la Constitution ?
Les députés et les militants du mouvement la France insoumise sont vent debout contre ce projet et appelle à un sursaut citoyen pour préserver le lien Sécurité Sociale et République. 

Communiqué du groupe parlementaire de La France insoumise.



(1)  Disons-le franchement : ce communiqué n'est pas à la hauteur de l'enjeu. Sa rédaction reflète la fatigue des rédacteurs qui, d'une session 'ordinaire' chargée et infructueuse, "majorité" oblige, a immédiatement embrayé sur une 'extraordinaire'. Et il ne sera pas suffisant aux parlementaires FI de s'accorder un répit en boycottant - très justement d'ailleurs - les grandes pompes versaillaises, lundi... 
En des termes plus musclés, le Canard du 4.7 titre que "les caisses [de retraites sont] menacées par le casse du siècle" : "L'Etat prendrait le contrôle des régimes paritaires et de leurs réserves", les dépenses n'évoluant plus en fonction des besoins sociaux, mais des objectifs du pouvoir, avec "un fric-frac sur les 165 milliards de réserve amassées par les caisse de retraite".

Inutile de préciser pour autant que nous leur faisons entière confiance pour mener le combat de fond - surmontant d'abord le rythme "de dingue" qu'on veut continuer à leur imposer pour démolir toujours plus vite.
En attendant, nous pouvons relire le propos d'Ambroise Croizat figurant plus haut (titré par nous : 'On bouge quand ?') : nous le replaçons 'en aval'. 

J.P. Carlin