vendredi 29 juin 2018

TOUJOURS LE STATU QUO POUR L'HÔPITAL JANET DU HAVRE !

Au Havre, les manifestants passent soutenir les grévistes « perchés » sur le toit de l’hôpital Janet

Depuis deux jours, les grévistes campent sur le toit de l'hôpital Pierre-Janet, au Havre. Jeudi 28 juin, le cortège interprofessionnel est passé les saluer, « une première ».

En signe de soutien, la manifestation havraise du jeudi 28 juin 2018 est passée devant l'hôpital Pierre-Janet.
En signe de soutien, la manifestation havraise du jeudi 28 juin 2018 est passée devant l’hôpital Pierre-Janet. (©DR / Jean-Luc Nail)
« C’était impressionnant ! » Frédéric Le Touze, délégué Sud à l’hôpital Pierre-Janet, a été ravi par le passage, jeudi 28 juin 2018, de la manifestation interprofessionnelle devant l’hôpital psychiatrique du Havre (Seine-Maritime). Depuis mardi 26 juin, il campe avec d’autres grévistes sur le toit de l’établissement pour réclamer l’ouverture de négociations avec l’Agence régionale de santé (ARS). Pour l’instant, la situation n’a pas évolué.

Sept grévistes sur le toit depuis trois jours

Le cortège fourni d’environ 2 000 manifestants s’est enfoncé dans l’étroite rue de Tourville, qui mène à l’entrée de l’hôpital. Ils y ont été accueillis par plusieurs dizaines de soignants, debout avec leurs blouses puis allongés au sol en signe de protestation. Depuis le toit du bâtiment des urgences psychiatriques, le spectacle était « fort ».
Une manifestation qui vient à Janet, « c’est une première », assure Frédéric Le Touze. Des soignants se sont joints au cortège qui s’est rendu jusque devant la gare. Mais pas les sept qui ont décidé, depuis mardi, d’occuper le toit.
Les sept "perchés" de l'hôpital Pierre-Janet ont déployé une banderole adressée à leurs autorités de tutelle.
Les sept « perchés » de l’hôpital Pierre-Janet ont déployé une banderole adressée à leurs autorités de tutelle. (©DR )

Un rendez-vous proposé à Caen : « Ils se foutent de nous »

« Les perchés de Janet », comme ils sont surnommés, ont décidé d’y rester jusqu’à ce que la directrice de l’Agence régionale de santé se rende au sein de leur hôpital et ouvre des négociations. Ils réclament la fin des lits supplémentaires, une unité et 50 postes. Un rendez-vous au siège régional de l’ARS à Caen ou à l’antenne de Rouen, leur a été proposé pour jeudi 28 juin. « Elle n’avait pas bien compris notre exigence », ironise Jennifer Bouder, déléguée CGT. « Ils se foutent de nous », lâche Frédéric Le Touze :
On ne bougera pas tant qu’elle ne se sera pas déplacée pour voir la situation catastrophique dans laquelle nous sommes. On ne demande pas la lune.
Face à ce refus, l’ARS indique « rester à disposition pour une nouvelle date » avec les grévistes, mais explique ne pas prévoir de visite de l’hôpital Pierre-Janet. Une délégation de grévistes a été reçue jeudi midi en sous-préfecture du Havre. Des échanges sont aussi en cours avec le député François Ruffin, de la France insoumise.
Lundi 2 juillet à 10h, une délégation de la commission médicale des psychiatres de Pierre-Janet sera reçue à Caen. Selon nos informations, l’idée serait de « sommer la directrice de l’ARS de venir » plutôt que de « commencer des négociations ». En attendant des avancées, les « perchés » vont continuer à subir « le froid des nuits » et « à se cramer la couenne » sous les 38 degrés qui chauffent leur perchoir et à subir.